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Mais qui est Clara êMe ?
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Clara êMe est une peintre …
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On dit pas « une peintresse » ?
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Mais non !!! C’est une femme peintre, si tu préfères, née de la rencontre de deux femmes …
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Ça, c’est pas possible !!
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Et bien si !!! Au début, les deux femmes se côtoyaient dans un cadre très défini, avec des rôles bien établis : l’une dans le rôle de malade bipolaire, l’autre dans le rôle de psychologue.
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Une institution abritait leur relation, définissait les règles et les limites de leur relation. L’une comme l’autre savaient que ces limites étaient trop étroites … l’une ou l’autre les bousculait parfois. Mais chacune y trouvait suffisamment de confort pour ne pas s’aventurer au delà. Jusqu’au jour où l’institution n’a plus voulu les abriter, ni l’une ni l’autre ..
Pourquoi ?
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Ceci est une autre histoire … Toujours est-il qu’elles se sont retrouvées sans cadre, sans limites, avec le désir mutuel de poursuivre leur relation, mais sans savoir où l’installer …
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Elles avaient tellement besoin d’un cadre ?
A ce moment de leur histoire, oui !!! A défaut de cadre, elles avaient une passion commune : l’expression artistique, et plus particulièrement la peinture. Et l’une d’elles peignait déjà, avec autant de talent que de plaisir
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La quelle ?
C’est sans importance. L’important, c’est qu’elles ont choisi la peinture comme nouveau cadre à leur relation. Elles se sont retrouvées, des heures durant, devant une toile, quelques pinceaux et une multitudes de tubes colorés.
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Ensemble, elles ont ri, pleuré, discuté, bu des litres de thé .. mais surtout, ensemble, elles ont donné naissance à Clara êMe ….
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Une troisième femme ?
Non, pas vraiment … plutôt l’expression artistique de l’une des deux. Une capacité à s’exprimer différemment, jusque là bloquée et qui s’est vite transformée en besoin impérieux. C’était si nouveau, si vivant, si impétueux, qu’à ne pas s’y tromper, il s’agissait bien d’une naissance : Clara êMe voyait le jour à … 46 ans !!
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Bizarre ton histoire !!! Et alors, Clara êMe est allée à l’école ?
Non, elle a suivi son instinct, laissé libre cours à ses pulsions et s’est mise à peindre, presque convulsivement … dans sa petite cuisine transformée en improbable atelier … Elle a peint, collé, ajouté des matières, sculpté sur la toile … elle a peint, surtout sans réfléchir, sans autre but que le plaisir de se laisser porter par cette vague d’expression. Et, sans même en avoir conscience, s’est ainsi inscrite dans la très vieille tradition de l’Art Brut …
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Ahh, tu veux dire l’Art des Fous ?
Oui … non … l’Art Brut a souvent été nommé « Art des Fous », mais c’est surtout un art sans références académiques, esthétiques ou culturelles, hors des courants de mode, loin des vagues consensuelles qui traversent régulièrement le microcosme de l’art … une expression artistique différente. Alors, bien sûr, il est tentant de nommer la différence « folie » …
Et alors, elle peint quoi ?
Des arbres essentiellement …
Et pourquoi, des arbres ?
D’abord, elle l’ignorait complètement ! A force d’entendre la question, elle y a réfléchi.
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L’arbre, c’est la vie, bien sûr, mais c’est surtout le LIEN. Le lien entre la terre, dont il se nourrit, et le ciel, qu’il caresse doucement de ses frondaisons. Le lien entre le matériel et le spirituel. C’est aussi le lien qui unit l’humain à l’exigence de transformation que l’arbre incarne magnifiquement, du repos si absolu qu’on pourrait le confondre avec la mort, en hiver, à l’explosion de vie du printemps, de la maturité splendide de ses fruits nourriciers, à la perte irrémédiable de ses plus beaux atours en automne. L’arbre, quelle plus belle parabole la nature pouvait-elle nous offrir ?
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… je sais pas !!!
Et si on arrêtait de discuter pour juste profiter du spectacle ?
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Avis d'univers de femmes : L'art brut, abstrait ou autre, une thérapie pour le corps et l'esprit ? Valérie Sady