Un peu de nostalgie pour aujourd’hui avec ce texte, que je viens d’envoyer pour un concours sur le thème du premier regard. Une dédicace à mes copines Gaëlle, Caro, Marion, An’So, Delphine, Christelle qui ont connu les difficultés de premiers jours, avec ce sentiment d’inachevé et de déni.
Ce premier regard, j’en ai été privée. On t’a arrachée à moi de manière très prématurée, tu étais en souffrance, je ne pensais même pas t’entendre crier à la naissance.
La preuve que tu étais arrivée parmi nous, je l’ai entendue, c’était ton cri, fragile mais rassurant, un petit miaulement avant que les tubes ne viennent t’envahir pour t’apporter le souffle qu’il te manquait.
Chaque maman devrait pouvoir partager cette complicité dès le départ. Je ne l’ai pas eue. D’ailleurs, je n’ai même pas pu te voir avant le lendemain de ta naissance.
Et ce jour là, tu dormais, confortablement installée dans ton cocon de substitution, entourée de capteurs, et tentant de te réveiller pour dire bonjour à ta maman.
Ton premier regard n’a pas été instantané, mais cela l’a rendu indélébile.
Ce premier regard, je ne l’ai obtenu que quelques jours plus tard, quand tes fragiles paupières ont réussi à s’ouvrir pour nous montrer combien tu es forte, combien tu t’es battue pour vivre. Aussi, je n’oublierai jamais cet instant : celui où j’ai compris que malgré ta souffrance et la mienne, nous allions nous battre ensemble pour partager une complicité de tous les instants, celle qui a fait défaut au départ.
Ce que j’ai pu lire dans tes yeux m’a de suite rassurée : tu étais si petite, mais je savais déjà que tu avais une volonté de fer et des capacités hors du commun.
Je suis tellement fière.
Aujourd’hui, ton regard est celui d’une battante, tu n’as rien perdu de ta combativité des premiers jours, et tes yeux d’un bleu si pur cristallisent l’attention de tous.
Ton premier regard, c’est celui de l’espoir. Et j’en avais besoin. Merci pour ça.
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